LETTRE OUVERTE AU PREFET
Avignon, le 21 mai 2026
À l’attention de Monsieur le Préfet de Vaucluse
Objet : Répression syndicale chez Eurenco à Sorgues et atteinte au droit de grève
Monsieur le Préfet,
L’Union Départementale des Syndicats CGT de Vaucluse tient à dénoncer publiquement les graves atteintes aux libertés syndicales actuellement en cours au sein de l’entreprise Eurenco à Sorgues.
Depuis maintenant quatre mois, un conflit social oppose les salariés et leur direction autour de revendications légitimes portées notamment par les syndiqués CGT. Dans ce contexte déjà particulièrement tendu, la direction d’Eurenco a franchi un cap inacceptable en prononçant trois sanctions disciplinaires visant exclusivement des salariés grévistes et syndiqués CGT, dont un licenciement pour faute grave d’un salarié comptant quinze années de présence sur le site.
Pour notre organisation syndicale, il ne fait aucun doute que ces décisions constituent une mesure de discrimination et de répression syndicale. La criminalisation de l’action syndicale et du droit de grève ne doit pas devenir une méthode de gestion sociale, comme le souhaite le patronat.
Alors que les salariés exercent un droit constitutionnel, la direction d’Eurenco choisit l’intimidation, les sanctions et la peur.
Cette réaction vise clairement à casser la mobilisation sociale engagée depuis plusieurs mois.
Cette stratégie n’est pas nouvelle. Eurenco a déjà été condamné par le passé pour discrimination syndicale et atteinte au droit de grève.
À plusieurs reprises, la direction a également cherché à instrumentaliser la justice, notamment en saisissant le juge des référés dans le cadre de procédures d’urgence dites « d’heure à heure », sous couvert de motifs supposés de sécurité lors d’un précédent piquet de grève organisé par la CGT.
Plus grave encore, le mercredi 20 mai en fin d’après-midi, pas moins de seize gendarmes sont intervenus sur votre ordre afin d’évacuer le piquet de grève installé devant le site d’Eurenco à Sorgues, tenu par 10 grévistes dont 2 salariés en situation de handicap.
Cette démonstration de force contre des salariés mobilisés choque profondément le monde du travail.
Ainsi la direction d’Eurenco instrumentalise de manière récurrente et délibérée les services de l’État, pourtant garants de l’intérêt général et piliers de notre démocratie.
Nous constatons avec colère qu’alors que le patronat semble bénéficier d’une écoute attentive des services de l’État, l’Union Départementale CGT de Vaucluse n’a, pour sa part, jamais été reçue par vos services malgré de multiples demandes de rendez-vous restées sans réponse.
Cette situation nourrit un sentiment profond d’injustice et d’inégalité de traitement. Le rôle de l’État ne peut être de soutenir implicitement des pratiques antisyndicales ni de participer à la répression d’un mouvement social légitime.
Par cette lettre ouverte, nous vous demandons solennellement :
- de recevoir sans délai une délégation de l’Union Départementale CGT de Vaucluse ;
- d’intervenir afin que cessent les mesures de répression syndicale chez Eurenco ;
- de garantir le respect du droit de grève et des libertés syndicales sur le territoire du Vaucluse ;
- de faire toute la lumière sur les conditions et les justifications de l’intervention des forces de l’ordre contre le piquet de grève.
La CGT continuera, avec détermination, à défendre les salariés, leurs droits, leurs libertés et leur dignité.
Veuillez croire, Monsieur le Préfet, en notre détermination à faire respecter les droits fondamentaux des travailleurs.
Laurence de VILLELE
Secrétaire générale
de l’Union Départementale des Syndicats CGT de Vaucluse


